Algérie-Mali : L’enquête sur la fabrication du terrorisme
L’expert Jeremy H. Keenan, consultant pour les Nations unies, accuse les services secrets algériens d’avoir orchestré le terrorisme au Sahel pour contrôler le Nord-Mali et ses ressources stratégiques.
Une stratégie de l’ombre pour le contrôle du Sahara
Keenan affirme que la crise malienne n’est pas fortuite, mais résulte d’une manœuvre délibérée d’Alger pour s’imposer comme l’acteur sécuritaire incontournable de la région. Dès la fin des années 1990, le régime algérien aurait poussé les radicaux du GIA vers le Nord-Mali, leur permettant de s’enraciner dans la société touarègue par le négoce et les mariages. Pour sortir de son isolement international après la « Décennie noire », l’Algérie aurait utilisé la menace terroriste comme un levier diplomatique majeur auprès de Washington.
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Infiltration et création : Le DRS (service de renseignement algérien) aurait infiltré, voire enfanté, certains groupes armés pour en faire des instruments politiques.
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Provocation et manipulation : Selon Keenan, des opérations comme l’enlèvement de touristes européens en 2003 par « El Para » étaient des mises en scène du DRS pour attirer l’assistance militaire américaine.
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Discréditer l’opposition : L’agence aurait utilisé des méthodes d’infiltration pour mener les groupes islamistes vers des massacres atroces afin de les discréditer totalement.
Le sacrifice des revendications touarègues
L’enquête démontre qu’Alger a systématiquement cherché à saboter les mouvements d’autonomie touarègue, tels que le MNLA, par crainte d’une contagion indépendantiste sur son propre territoire. L’objectif était de remplacer une rébellion politique laïque par une menace jihadiste, plus facile à condamner sur la scène internationale.
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Soutien aux mouvements radicaux : L’Algérie aurait créé et soutenu le MUJAO et Ansar al-Din pour diviser le front touareg et diaboliser leurs revendications.
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Enjeux énergétiques : Au-delà de la sécurité, Keenan pointe les ambitions de la Sonatrach sur les gisements pétroliers du bassin de Taoudeni, dont le potentiel est comparable aux réserves algériennes.
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Médiation de façade : Les accords d’Alger de 2015 sont qualifiés de « farce » car ils n’auraient pas réellement impliqué les principaux rebelles et serviraient avant tout les intérêts de contrôle d’Alger.



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