Maroc : L’Office des changes enquête sur des exportations suspectes vers l’Europe
L’Office des changes, en étroite coordination avec l’Administration des douanes, vient de lancer une offensive majeure contre la fraude aux exportations. Selon des informations rapportées par Hespress ce vendredi 8 mai 2026, plusieurs entreprises marocaines font l’objet d’audits approfondis pour des soupçons de sous-déclaration de factures et de non-rapatriement de devises.
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Des soupçons de manipulation de facturation
Les investigations ciblent actuellement 23 entreprises opérant principalement dans les secteurs de l’agroalimentaire, du textile et de l’habillement. L’alerte a été donnée suite à des analyses comparatives entre les déclarations d’exportation au Maroc et les données comptables d’importateurs situés en France, en Espagne et en Belgique.
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Le stratagème : Certains opérateurs ne déclareraient que 60 % de la valeur réelle des transactions via les circuits bancaires officiels.
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Le circuit occulte : Le solde des bénéfices (les 40 % restants) serait versé « au noir » sur des comptes bancaires à l’étranger, souvent au nom de proches ou de prête-noms.
Un préjudice estimé à 225 millions de dirhams
Les enquêteurs estiment que plus de 225 millions de dirhams de bénéfices n’ont pas été rapatriés au Royaume, comme l’exige pourtant la loi. Ces fonds illicites auraient servi à :
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L’acquisition de biens immobiliers et mobiliers en Europe, notamment en Espagne et en France.
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Le réinvestissement via des sociétés écrans ou des cabinets de services internationaux déjà sous le coup d’enquêtes pour blanchiment d’argent.
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Le détournement du régime de « l’admission temporaire », qui permet d’importer des matières premières en exonération de taxes avant réexportation.
Une coopération internationale renforcée
Pour la première fois, l’Office des changes s’appuie sur des échanges électroniques de données en temps réel avec ses partenaires européens. Ces informations précises permettent de recenser les biens acquis frauduleusement à l’étranger. Les dirigeants des sociétés visées, qui n’auraient pas profité des précédentes opérations de régularisation volontaire, s’exposent désormais à de lourdes sanctions financières et judiciaires pour transfert illicite de fonds.



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