Finances : Rabat subit le choc énergétique
Les finances publiques marocaines entrent dans une zone de fortes contraintes. Malgré la progression constante des recettes fiscales au premier semestre, le déficit budgétaire du Royaume s’est détérioré de 21,4 % à fin mai 2026 pour atteindre 27,8 milliards de dirhams. L’exécutif se retrouve contraint de naviguer entre le financement des chantiers sociaux, le maintien des grands investissements d’infrastructures et le retour brutal du risque énergétique mondial.
L’aide sociale pèse durablement
L’État assume le coût financier de ses engagements sociétaux majeurs. La généralisation du programme d’aide sociale directe, qui bénéficie désormais à près de 4 millions de familles marocaines, a profondément modifié la structure des dépenses publiques en devenant un poste permanent. Devant le Parlement, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a d’ailleurs ouvert la voie à des ajustements techniques de l’indice social unifié afin de mieux cibler les populations vulnérables sans faire dérailler la trajectoire budgétaire.
Le choc énergétique réduit l’espace
La flambée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient fragilise les prévisions macroéconomiques de Rabat. Pour bloquer l’inflation importée et stabiliser les prix du gaz butane et des transports, le gouvernement a injecté en urgence 8 milliards de dirhams supplémentaires dans la Caisse de compensation. Cette rallonge indispensable s’ajoute à une facture énergétique nationale qui a bondi de 40 % au printemps, grignotant les marges de manœuvre alors que l’exécutif refuse de ralentir les grands chantiers liés au Mondial 2030.



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