Le Maroc forme ses propres experts pour auditer ses bilans écologiques
Le virage vert des infrastructures marocaines prend une dimension systémique. En mai 2026, l’Office national des aéroports (ONDA) a officialisé un marché-cadre pluriannuel d’envergure. L’objectif est clair : propulser l’intégralité des aéroports du Royaume au sein du programme international « Airport Carbon Accreditation » (ACA), administré par l’Airports Council International (ACI). Cette démarche structurée marque l’avènement d’une véritable feuille de route climatique nationale pour le secteur aérien.
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Une feuille de route adaptée à chaque plateforme
Le programme ACA s’articule autour d’une architecture progressive en cinq paliers distincts, allant de la simple cartographie des émissions jusqu’à la neutralité carbone absolue. L’ONDA a choisi d’adopter une stratégie de déploiement par paliers, adaptée à la taille et à la maturité de chaque site :
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Niveau 1 (« Cartographie ») : Destiné aux structures de taille modeste comme Dakhla, Essaouira, Ouarzazate et Laâyoune pour dresser un inventaire carbone fiable.
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Niveaux 2 et 3 : Ciblent les aéroports intermédiaires (Nador, Tétouan, Tanger, Oujda, Agadir) avec des obligations de réduction des gaz à effet de serre.
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Niveaux 4, 4+ et 5 : Réservés aux grands hubs stratégiques (Casablanca Mohammed V, Marrakech, Rabat, Fès) engagés dans des plans de décarbonation profonds et des objectifs de neutralité.
Développer une expertise 100 % marocaine
Pour mener à bien cette transition, le prestataire spécialisé retenu devra assurer des missions d’assistance technique via l’outil réglementaire ACERT, mais aussi piloter un volet pédagogique crucial. L’ONDA souhaite en effet internaliser ses compétences environnementales en formant des centaines de collaborateurs sur tout le territoire. Les profils les plus pointus seront directement préparés à l’examen officiel de vérificateur agréé par l’ACI (norme ISO 14064-3), permettant au Maroc d’auditer ses propres infrastructures de manière autonome à l’avenir.
Le défi complexe du « Scope 3 »
Le principal défi de cette montée en compétences réside dans l’intégration du « Scope 3 étendu ». Pour franchir les paliers supérieurs, les aéroports doivent concevoir des plans de partenariat intégrant les émissions de CO₂ de tout leur écosystème périphérique : compagnies aériennes, agents de handling, transporteurs routiers et personnels navigants. Enfin, pour traiter les émissions résiduelles incompressibles, le projet prévoit le déploiement de mécanismes de compensation carbone. Cette approche globale permet à l’ONDA de se positionner à l’avant-garde de la gestion environnementale aéroportuaire sur le continent africain.



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