L’accord Washington-Téhéran à l’épreuve des divisions politiques au Liban
Au lendemain de l’annonce surprise d’un protocole d’entente entre les États-Unis et l’Iran, le Liban retient son souffle. Après quinze semaines d’un conflit dévastateur ayant fait près de 3 800 morts et provoqué des destructions sans précédent, un cessez-le-feu de 60 jours est officiellement entré en vigueur. Si l’intensité des combats s’est nettement réduite sur le front sud, la population et la classe politique libanaises oscillent ce mardi 16 juin 2026 entre un immense soulagement et une profonde méfiance quant aux intentions réelles d’Israël.
Cette trêve est fragile
Sur le terrain, l’arrêt des hostilités semble globalement respecté malgré de légers accrochages isolés entre l’armée israélienne et les combattants du Hezbollah. L’officialisation de cette trêve de deux mois, transmise directement par le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi aux dirigeants libanais Nabih Berri et Joseph Aoun, a déclenché un timide mouvement de retour des civils déplacés, principalement vers les localités situées au nord du fleuve Litani. Toutefois, les stigmates des bombardements et le maintien des troupes israéliennes freinent encore une reprise normale de la vie quotidienne.
L’accord est plongé dans une impasse politique
Le scepticisme ambiant est alimenté par l’absence d’un accord de retrait militaire d’Israël, dont l’armée continue d’occuper près de 10 % du territoire libanais. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a déjà prévenu que ses forces resteraient sur leurs positions, provoquant une réaction immédiate du Hezbollah qui réaffirme son droit légitime à la résistance armée. À Beyrouth, cette situation ouvre une phase de turbulences politiques majeures : tandis que le Premier ministre Nawaf Salam prône l’ouverture de négociations directes avec Tel-Aviv, le Hezbollah exige un format indirect, laissant le président Joseph Aoun dans l’expectative.



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