Lecourtier quitte Rabat : la fin d’une ère diplomatique
C’est une page qui se tourne entre Paris et Rabat.
Le 10 mars 2026, l’Élysée annonce la nomination de Christophe Lecourtier à la direction générale de l’Agence française de développement. Ce diplomate de 63 ans quitte son poste d’ambassadeur de France au Maroc pour prendre ses nouvelles fonctions à partir du 3 mai 2026. Sa nomination reste soumise à l’approbation du Parlement français et à l’avis de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.
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Trois ans qui ont changé les relations franco-marocaines
Lecourtier prend ses fonctions à Rabat en décembre 2022. Il hérite d’une relation diplomatique au bord de la rupture. La question du Sahara empoisonne les relations entre Paris et Rabat depuis des années. La France refuse de reconnaître clairement la marocanité du Sahara. Le Maroc gèle ses relations avec Paris. Les visas se raréfient. La tension monte. Lecourtier change la donne. Il multiplie les gestes forts. Il visite Laâyoune et Dakhla. Il affirme qu’il est impossible de construire un avenir solide sans clarifier la position française sur le Sahara.
En juillet 2024, la France franchit le pas. Emmanuel Macron reconnaît officiellement la marocanité du Sahara dans une lettre au Roi Mohammed VI. Lecourtier qualifie la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU du 31 octobre 2025 qui valide le plan d’autonomie marocain comme base unique de règlement d’historique.
Un départ qui consolide le partenariat franco-marocain
Son départ ne marque pas une rupture. Il consolide au contraire le lien franco-marocain. À la tête de l’AFD, Lecourtier reste directement impliqué dans les projets marocains. Le Maroc est le premier bénéficiaire mondial de l’AFD avec 3,2 milliards d’euros engagés. L’agence vient d’être autorisée à intervenir au Sahara occidental. Sa succession à Rabat ouvre un nouveau chapitre. Le prochain ambassadeur arrive dans un contexte de partenariat historiquement fort. Il bénéficie du travail de terrain accompli par Lecourtier depuis trois ans.
Un profil atypique au service de la France
Lecourtier n’est pas un diplomate classique. Énarque de formation, il dirige Ubifrance puis Business France avant de se tourner vers la diplomatie. Il passe par l’Australie, la Serbie, puis le Maroc. Partout, il privilégie l’économie et l’investissement comme leviers diplomatiques. À l’AFD, il retrouve un outil qu’il connaît bien. Et le Maroc reste au coeur de sa feuille de route.



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