Élevage au Maroc : Le cri d’alarme des producteurs de poulets
L’activité de l’élevage de volaille au Maroc traverse actuellement une tempête économique d’une intensité inédite, marquée par un effondrement spectaculaire des cours du poulet vif à la ferme. Cette situation, qui plonge les éleveurs dans un désarroi profond, met en lumière les fragilités structurelles d’une filière essentielle à la sécurité alimentaire du Royaume et ravive une guerre ouverte d’accusations mutuelles entre les différents acteurs professionnels du marché au lendemain de l’Aïd al-Adha.
Des prix en chute libre
La filière avicole marocaine traverse une crise de rentabilité critique. Selon les informations du quotidien Al Akhbar, les prix de vente du poulet vif à la ferme se sont effondrés pour atteindre parfois moins de 7 dirhams le kilogramme. Cette situation est intenable pour les producteurs, puisque le coût de revient réel d’un kilogramme de viande oscille actuellement entre 15 et 17 dirhams. Cet écart immense génère des pertes sèches et massives à chaque cycle d’élevage, poussant de nombreux petits exploitants vers une faillite imminente.
Une surproduction hors contrôle
Face à ce chaos économique, l’Association nationale des éleveurs de poulets de chair, par la voix de son président Mohamed Abboud, dénonce une surproduction massive due à l’introduction démesurée de poussins par les couvoirs. Cette abondance excessive de l’offre est le résultat d’investissements intensifs passés, marqués par l’importation de plus de 4,5 millions d’unités de cheptels de reproducteurs. Le syndicat réclame désormais l’ouverture d’une enquête globale, pointant du doigt les défaillances des autorités de tutelle, le manque de mécanismes de régulation du marché et la dépendance historique de la filière vis-à-vis des circuits d’intermédiaires.



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