Le Mondial 2030, un levier d’influence majeur encore à structurer
Le Maroc dispose d’un potentiel considérable en matière d’influence internationale, mais celui-ci reste encore insuffisamment structuré. C’est le constat dressé par une note du Centre africain des études stratégiques et de la digitalisation, intitulée « Le Maroc et le Mondial entre performance sportive, dynamique médiatique et construction du soft power ». Si l’épopée mémorable du Mondial 2022 a imposé l’image d’un Maroc authentique et culturellement fort, l’étude rappelle que cette ferveur ne se transformera pas automatiquement en influence politique ou économique sans une véritable feuille de route. Dans cette perspective, la Coupe du monde 2030 ne doit pas être perçue comme une finalité, mais comme le point de départ d’une stratégie globale.
Les failles d’une influence qui repose trop sur l’émotion
L’analyse met en lumière plusieurs fragilités structurelles qui freinent la conversion des succès sportifs en puissance géopolitique. Le rapport pointe notamment l’absence d’une stratégie coordonnée entre les différents acteurs institutionnels, un manque d’indicateurs précis pour mesurer l’impact des campagnes de communication, et une production médiatique nationale encore trop centrée sur elle-même et insuffisamment tournée vers l’international. L’auteur met en garde le Royaume contre « l’illusion » de croire que les victoires sur le terrain suffisent, rappelant avec justesse qu’une mauvaise gouvernance ou un incident de communication de quelques minutes peut ruiner des semaines d’efforts diplomatiques.
Les axes stratégiques pour bâtir un récit marocain performant
Pour franchir un cap d’ici 2030, le think tank préconise de bâtir une stratégie nationale cohérente axée sur trois piliers : l’authenticité des valeurs vécues, l’excellence de la gouvernance lors des moments de crise, et l’implication de la jeunesse. Le sport doit servir de levier d’émancipation sociale et non de simple divertissement de façade. Concrètement, le Maroc est invité à moderniser son appareil médiatique international et à s’appuyer massivement sur sa diaspora, qualifiée de véritable réseau d’influence au quotidien. L’enjeu des prochaines années ne se jouera donc pas uniquement dans les stades, mais dans la capacité du pays à aligner son discours et ses pratiques pour inspirer une confiance durable.



Pas de commentaire ! Soyez le premier.