Sénégal : Ousmane Sonko s’empare de l’Assemblée Nationale
Ousmane Sonko n’a pas dit son dernier mot. Trois jours seulement après avoir été limogé de son poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye, le leader du PASTEF a orchestré un retour en force spectaculaire ce mardi 26 mai 2026. Élu président de l’Assemblée nationale par 132 voix sur 165, le chef du parti au pouvoir s’empare du perchoir et démontre que son autorité reste incontournable, déplaçant le véritable centre de gravité politique du pays vers l’hémicycle.
Une démission téléguidée pour installer le leader du PASTEF
La rapidité et la méthode de cette transition révèlent une parfaite maîtrise de l’appareil d’État par Ousmane Sonko. Pour lui ouvrir la voie, El Malick Ndiaye a présenté sa démission de la présidence de l’Assemblée nationale. Sonko, qui avait mis son mandat de député entre parenthèses en avril 2024 pour diriger le gouvernement, a instantanément réintégré son siège avant de se faire plébisciter par les députés. Ce jeu de chaises musicales intervient au lendemain de la nomination d’un profil plus technique à la Primature, Ahmadou Al Aminou Lo (ex-cadre de la BCEAO), laissant le champ libre à Sonko pour dicter l’agenda politique depuis le Parlement.
La présidence sous contrôle d’une majorité parlementaire absolue
Avec cette élection, le parti PASTEF confirme son hégémonie totale sur les institutions sénégalaises, acquise lors du raz-de-marée des législatives de 2024. En s’installant à la tête de la deuxième institution du pays, Ousmane Sonko s’assure un contrôle direct sur le pouvoir législatif. Ce repositionnement stratégique envoie un signal fort : aucune réforme, aucun budget et aucun projet de loi ne pourra voir le jour sans l’aval du patron du parti. Loin d’être affaibli par son départ du gouvernement, le nouvel homme fort du Parlement sénégalais s’impose plus que jamais comme le véritable maître du jeu politique national.



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