Maroc : L’Union européenne menace le modèle « Made in Morocco »
Le modèle économique du Royaume, fondé sur son rôle de plateforme d’exportation vers l’Europe, traverse une zone de turbulences. La Commission européenne a dévoilé l’Industrial Accelerator Act (IAA), un projet législatif protectionniste visant à relocaliser la production stratégique sur le sol communautaire. Ce texte pourrait freiner brutalement les ambitions industrielles du Maroc, notamment dans les secteurs de l’automobile et des énergies renouvelables.
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L’Europe choisit la souveraineté industrielle
L’objectif de l’UE est clair : porter la part de l’industrie à 20 % de son PIB d’ici 2035. Pour y parvenir, Bruxelles instaure une préférence marquée pour les produits fabriqués en Europe. L’IAA introduit des quotas de production locale et durcit les conditions pour les investissements étrangers dépassant les 100 millions d’euros. Cette stratégie vise directement à contrer la concurrence chinoise et américaine, mais elle ricoche de plein fouet sur le partenaire marocain.
Le Maroc, victime collatérale du protectionnisme
Depuis l’accord de libre-échange de 1996, le Maroc s’est imposé comme le pivot des investissements étrangers (notamment chinois) destinés au marché unique. Cette position est désormais fragilisée. L’UE applique déjà, depuis mars 2025, des droits compensateurs de 31 % sur certains produits marocains comme les jantes en aluminium. Si l’IAA est adopté en l’état, le label « Made in Morocco » perdrait son avantage comparatif face au « Made in Europe ».
Une bataille diplomatique à Bruxelles
L’avenir industriel du Maroc dépend désormais des négociations au Parlement européen. Deux lignes s’affrontent :
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La ligne dure : Portée par la France et l’Italie, elle prône un repli strict sur les frontières de l’Union.
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La ligne de confiance : Soutenue par l’Allemagne, elle propose d’inclure les « partenaires de confiance » liés par des accords de libre-échange, comme le Maroc, dans le calcul de la production européenne.
Alors que le Maroc a lui-même instauré une préférence nationale en 2023, il se retrouve aujourd’hui confronté à une logique similaire de la part de son premier partenaire commercial. L’issue de ce texte déterminera si le Royaume restera le prolongement industriel de l’Europe ou s’il devra réinventer son modèle d’intégration mondiale.



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