Maroc : Les chiffres clés du HCP sur la croissance, la dette et le déficit (2026-2027)
Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) vient de publier son Budget économique exploratoire 2027. Ce rapport dresse les perspectives macroéconomiques du Maroc pour les années 2026 et 2027, une publication qui servira de feuille de route aux décideurs pour l’élaboration de la Loi de Finances 2027. Portée par une campagne agricole exceptionnelle, l’économie nationale montre des signes de robustesse à court terme, bien que des vents contraires géopolitiques invitent à la prudence.
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Une croissance à deux vitesses dictée par le climat
Les prévisions du HCP mettent en lumière la dépendance persistante de l’économie marocaine vis-à-vis des aléas climatiques :
Le pic de 2026 : Le Produit Intérieur Brut (PIB) devrait bondir de 4,8%, propulsé par un rebond historique du secteur primaire (+18,1%). Grâce à des pluies abondantes, la production céréalière prévisionnelle table sur près de 90 millions de quintaux (+50,6% par rapport à la moyenne décennale).
Le ralentissement de 2027 : Sous l’hypothèse d’une campagne agricole moyenne, la croissance devrait refluer à 3%, plombée par un effet de base négatif dans l’agriculture (-6,8%).
Secteurs non agricoles : L’automobile et le tourisme en leaders
En dehors des champs, les trajectoires industrielles et de services s’avèrent contrastées :
Le transport et l’automobile au top : L’industrie du matériel de transport va connaître un coup de fouet avec une croissance moyenne de 5,8% sur les deux ans, tirée par l’aéronautique, l’automobile électrique et un assouplissement réglementaire en Europe.
Bâtiment et infrastructures : Le secteur du BTP ralentit à 3,1% en 2026 (Victime de la hausse des coûts des matériaux) mais rebondira à 3,5% en 2027, porté par les grands chantiers de la Coupe du monde 2030.
Services et Tourisme : Le secteur tertiaire affiche sa résilience (+3,9% en 2026 et +4,2% en 2027), dynamisé par les flux touristiques, le commerce et l’extension des infrastructures de transport (maritime, aérien et ferroviaire).
Les points noirs : L’industrie textile subira un recul de 1,1% en 2026 face à la concurrence égyptienne et turque. La chimie subit quant à elle le contrecoup des tensions au Moyen-Orient qui perturbent l’approvisionnement en soufre et en ammoniac, malgré la réorientation de l’OCP et la suspension des taxes américaines sur les engrais marocains.
Consommation intérieure et équilibres macroéconomiques
La demande intérieure restera le principal moteur de la croissance. La consommation des ménages augmentera de 4,4% en 2026 grâce aux revenus agricoles, aux hausses de salaires, aux aides sociales directes et à la solidité des transferts des MRE, permettant d’absorber une inflation globale orientée à la hausse.
Sur le front des finances publiques, le HCP note des signaux encourageants de consolidation budgétaire :
| Agrégat macroéconomique | Prévision 2026 | Prévision 2027 |
| Déficit budgétaire | 3,4% du PIB | 3,2% du PIB |
| Dette globale du Trésor | 65,8% du PIB | 65,2% du PIB |
| Dette publique globale | 76,5% du PIB | 76,1% du PIB |
| Déficit du compte courant | 3,9% du PIB | 3,6% du PIB |
Le déficit commercial va légèrement se creuser en 2026 (21,9% du PIB) en raison de la flambée des cours énergétiques (pétrole Brent à +31,8% et gaz à +22% suite aux blocages du détroit d’Ormuz) avant de s’alléger en 2027. Enfin, la situation monétaire reste saine, appuyée par des réserves de change confortables représentant près de 5,7 mois d’importations.



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