Maroc : Le projet de terminal gazier de Nador en cours de recalibrage
Six mois après la suspension surprise de son appel d’offres, le projet de terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) et d’unité FSRU de Nador West Med se fait toujours attendre. Alors que les tensions récentes avec l’Espagne ont rappelé la vulnérabilité structurelle de l’approvisionnement énergétique marocain, ce chantier stratégique d’un milliard de dollars fait actuellement l’objet d’un recalibrage technique. À seulement trois semaines des élections législatives, la concrétisation de ce dossier majeur pour la souveraineté du Royaume est officiellement renvoyée au prochain gouvernement.
Un recalibrage technique
Annoncée en février dernier, la suspension de la procédure initiale avait soulevé de nombreuses interrogations quant à l’avenir de ce premier hub méthanier national. Le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable a toutefois tenu à rassurer : le projet n’est en rien abandonné. Il traverse une phase classique de révision pour intégrer de « nouveaux paramètres et hypothèses ». Ce travail d’ajustement vise à garantir la viabilité à long terme de cette infrastructure d’une capacité de 5 milliards de mètres cubes par an, destinée à relier le port aux zones industrielles via le Gazoduc Maghreb-Europe (GME).
La question cruciale de l’indépendance énergétique
Cette mise en suspens intervient dans un contexte géopolitique et économique sensible. Actuellement, le Maroc importe du GNL depuis les marchés internationaux, mais reste tributaire des terminaux de regazéification espagnols avant d’acheminer le combustible vers ses centrales électriques de Tahaddart et d’Aïn Beni Mathar. Bien que la récente baisse des flux gaziers soit imputable à la diminution saisonnière de la demande électrique estivale passée de 8 400 MW à 7 400 MW et non à la crise diplomatique de Sebta, elle met en lumière les limites de ce modèle. Se doter d’une porte d’entrée maritime directe à Nador est donc devenu un impératif pour accompagner la transition énergétique du pays et réduire sa dépendance extérieure.



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