Les «Serès» : La réponse des Guinéennes à la cherté des cérémonies
En Guinée, l’organisation d’un baptême ou d’un mariage est devenue un véritable défi économique. Même pour les foyers aux revenus modestes, les frais peuvent rapidement atteindre les 3 000 euros, une somme colossale pour le budget local. Pour pallier cette pression financière, de plus en plus de femmes se tournent vers les «Serès», des associations de solidarité qui transforment ces charges individuelles en un effort communautaire structuré.
Une organisation financière et sociale rigoureuse
Le succès des «Serès» repose sur une gestion stricte des cotisations. Chaque membre verse une somme fixe, généralement le 20 de chaque mois, pour alimenter une caisse commune. Lorsqu’une cérémonie survient, la bénéficiaire reçoit non seulement un appui financier conséquent, mais aussi de nombreux dons en nature et des cadeaux. Au-delà de l’argent, ces mouvements créent un lien social fort, les membres se considérant désormais comme une véritable famille offrant un soutien moral indispensable durant les événements.
Entre entraide communautaire et critiques sociales
Malgré leur efficacité prouvée, ces regroupements ne sont pas exempts de critiques. Certains détracteurs accusent ces associations de favoriser des dépenses ostentatoires ou de créer des tensions au sein des couples. Cependant, les membres fondatrices défendent fermement l’institution, arguant que c’est «l’union qui fait la force». Loin de détruire les foyers, les «Serès» s’imposent aujourd’hui comme un rempart essentiel contre l’endettement, redonnant à l’entraide ses lettres de noblesse dans la société guinéenne.



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