Italie : Colère et manifestations à Bologne après la mort d’un Marocain
Une onde d’indignation traverse l’Italie. Une enquête judiciaire a été ouverte ce lundi 20 juillet à Bologne, dans le nord du pays, après le décès d’Abderrahim Fakir, un ressortissant marocain de 42 ans, survenu à la suite d’une interpellation policière particulièrement violente. L’affaire a déclenché d’importantes manifestations dans le centre-ville et vivement réagi la classe politique.
Un plaquage ventral filmé qui choque l’opinion
Les faits se sont déroulés dimanche, lorsque les forces de l’ordre sont intervenues après des signalements de riverains évoquant un homme en état de « violente colère ». La scène, filmée par un habitant et largement relayée sur les réseaux sociaux et médias italiens, montre Abderrahim Fakir subir un plaquage ventral prolongé.
Sur les images, la victime, arrivée en Italie à l’âge de 5 ans et résidant légalement dans le pays, implore les agents à plusieurs reprises : « À l’aide, à l’aide ! ». Immobilisé au sol par deux policiers, aidés d’un tiers lui maintenant les pieds sous le regard d’ambulanciers, le quadragénaire finit par apparaître totalement inerte, visage contre l’asphalte, avant d’être ficelé pieds et poings liés.
« La police doit nous protéger (…) Si quelqu’un est agité, il faut le calmer, pas le tuer comme un chien », s’est indignée sa sœur, Khadija Fakir, dans une vidéo poignante.
sa famille et son ancienne avocate décrivent un homme « aimable, instruit et respectueux », qui travaillait légalement mais vivait dans la crainte constante d’une expulsion.
Manifestations à Bologne et vive fracture politique
À l’appel du maire de centre-gauche de Bologne, Matteo Lepore, qui a exigé que toute la lumière soit faite sur ce drame, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi dans le centre-ville. Des banderoles arborant des messages tels que « Justice et vérité pour Fakir ! » ou « Assassins d’État » ont été déployées, donnant lieu à des tensions et des heurts avec la police anti-émeute.
L’affaire a immédiatement pris une tournure politique nationale, révélant de profondes fractures :
La majorité au pouvoir fait bloc derrière la police : Le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi, le vice-Premier ministre Matteo Salvini et les cadres du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia ont apporté leur soutien inconditionnel aux deux agents, appelant à ne pas fragiliser la confiance envers les forces de l’ordre.
L’opposition dénonce un climat d’impunité : À l’inverse, des figures de l’opposition, dont la sénatrice Ilaria Cucchi, ont fustigé la réaction du gouvernement, accusant la coalition de Giorgia Meloni de favoriser ces dérives par des politiques « motivées par la haine ».
La préfecture de police de Bologne a indiqué que les images des caméras piétons des agents ont été saisies et transmises à la justice pour déterminer les responsabilités exactes dans cette tragédie.



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