Fret maritime : la guerre au Moyen-Orient fait exploser les tarifs au Maroc
Le commerce mondial subit un choc logistique brutal.
Depuis le 28 février 2026, les frappes israélo-américaines contre l’Iran ont déclenché une crise maritime sans précédent. Le détroit d’Ormuz est classé zone à très haut risque. Le canal de Suez et le détroit de Bab el-Mandeb sont fermés à la navigation commerciale. Les armateurs contournent l’Afrique par le Cap de Bonne-Espérance. Le Maroc se retrouve au carrefour de cette nouvelle route mondiale.
Table Of Content
Des surcharges de guerre qui font mal
Les grandes compagnies maritimes ont activé des surcharges d’urgence depuis le 2 mars 2026. CMA CGM facture une Emergency Conflict Surcharge de 2 000 dollars par conteneur 20 pieds, 3 000 dollars par 40 pieds et jusqu’à 4 000 dollars pour les équipements frigorifiques ou spéciaux. Hapag-Lloyd impose une War Risk Surcharge de 1 500 dollars par EVP. MSC, premier armateur mondial, a déclaré un « End of Voyage » pour toutes les marchandises à destination du Golfe et applique une surcharge de 800 dollars par conteneur. Pour les importateurs marocains, un conteneur Chine-Maroc de 20 pieds se négocie désormais à 2 000 dollars. Le 40 pieds atteint 3 000 dollars. Une hausse brutale par rapport aux tarifs d’avant-crise.
Les ports marocains en première ligne
La nouvelle route par le Cap de Bonne-Espérance passe directement devant les côtes marocaines. Depuis le 1er mars, tout le trafic Est-Ouest longe la façade atlantique de l’Afrique. Le professeur Najib Cherfaoui, expert maritime, est formel : les ports du Royaume subissent déjà de fortes sollicitations en transbordement. Casablanca et Agadir absorbent l’essentiel de la pression. Pour lui, les ingénieurs portuaires marocains, formés à l’EHTP, ont les compétences pour gérer ce flux. Le système est rodé depuis la crise de la mer Rouge de 2024.
Un risque réel sur la Caisse de compensation
La hausse des coûts de fret frappe aussi les produits subventionnés. L’énergie, les céréales et les produits de base coûtent plus cher à importer. La charge de la Caisse de compensation, initialement prévue à 13,8 milliards de dirhams dans le budget 2026, pourrait dépasser les 20 milliards de dirhams si la crise se prolonge. Le gouvernement surveille de près la situation. Une opportunité et un risque à la fois pour le Maroc : hub maritime renforcé d’un côté, pressions budgétaires accrues de l’autre.



Pas de commentaire ! Soyez le premier.