Conflit : Comment les pays arabes naviguent dans le conflit ukrainien ?
Face à l’intensification des tensions entre la Russie et l’Ukraine, qui menacent de basculer vers une confrontation ouverte avec l’OTAN, les pays arabes maintiennent une position de stricte neutralité. Dans sa dernière chronique pour Le360, Mustapha Tossa analyse cet exercice d’équilibriste complexe. Entre rejet des sanctions occidentales, préservation des intérêts économiques et médiation active à l’image des Émirats arabes unis, le monde arabe tente de se tenir à l’écart d’un conflit lointain mais dont il subit de plein fouet les répercussions énergétiques et alimentaires.
Entre neutralité calculée et pragmatisme économique
Depuis le début du conflit, la stratégie des pays arabes consiste à faire la synthèse entre la dénonciation de toute violation de la souveraineté des États perçue comme un soutien tacite à Kiev et le refus d’appliquer le régime de sanctions contre Moscou. Cette zone grise leur a permis d’échapper aux foudres des diplomaties occidentales tout en offrant une bouffée d’oxygène à l’économie russe.
Les différents acteurs régionaux se distinguent par des approches contrastées :
Le Maroc : Fidele à son attachement au droit international et au refus des solutions militaires, le Royaume a su préserver d’excellents liens avec l’ensemble des protagonistes sans froisser ses partenaires stratégiques occidentaux, adoptant une posture similaire à celle de la Turquie.
Les Émirats arabes unis : Très actifs sur le plan diplomatique, ils se sont imposés comme un médiateur incontournable (facilitant des échanges massifs de prisonniers et une aide humanitaire d’envergure) tout en devenant un refuge bancaire et commercial de premier plan pour l’élite financière russe.
L’Algérie : À l’inverse, sa diplomatie est pointée du rôle pour son incohérence, se mettant à dos à la fois les Occidentaux en finançant la machine de guerre russe par de colossaux achats d’armes et Moscou en bradant ses hydrocarbures à l’Europe.
Un conflit lointain aux lourdes conséquences
Pour les pays arabes, à l’instar de l’ensemble du Sud global, cette guerre n’est pas la leur. Néanmoins, ils en subissent directement les ondes de choc à travers la déstabilisation des chaînes d’approvisionnement mondiales, en particulier pour les céréales et l’énergie. Alors que certains analystes redoutent une « guerre des enchères » susceptible de porter de nouveau les cours du gaz à des sommets, la diplomatie arabe continue de miser sur la préservation de ses intérêts vitaux face à une escalade aux portes de l’Europe.



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