États-Unis : Polémique après le retrait de 180 confessions de la liste de l’armée
Le ministère américain de la Défense a opéré un virage radical dans la gestion interne de ses troupes. La semaine dernière, le Pentagone a annoncé la suppression de 180 codes d’affiliation religieuse. Les militaires américains, qui disposaient jusqu’alors de plus de 200 options pour déclarer leur foi, n’auront désormais le choix qu’entre 31 catégories, dont 22 sont des confessions chrétiennes. Cette mesure suscite une vive controverse outre-Atlantique, oscillant entre des arguments de simplification administrative et des accusations d’agenda politique ultra-conservateur.
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La version officielle : simplifier le travail des aumôniers
Pour le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, cette réduction n’est en aucun cas un jugement de valeur sur la légitimité des croyances. L’objectif affiché est d’ordre purement logistique : permettre aux aumôniers militaires d’évaluer plus rapidement la composition de leurs unités afin d’allouer au mieux les ressources spirituelles.
Cette lecture est partagée par certains hauts gradés, à l’image du général de division à la retraite Steven Schaick. Selon lui, les jeunes recrues de la nouvelle génération étaient souvent submergées par la complexité théologique des formulaires d’enrôlement, peinant par exemple à distinguer le protestantisme général du luthéranisme. La nouvelle nomenclature conserve les grandes religions mondiales (islam, judaïsme, bouddhisme, hindouisme, sikhisme), autorise les mentions « agnostique » ou « sans religion », et renvoie le reste vers une case générique « autre religion ». En revanche, les croyances non traditionnelles (déisme, druidisme, mouvements païens ou syncrétiques) disparaissent totalement des choix spécifiques.
La polémique des Mormons et la charge des progressistes
La publication de cette liste a immédiatement provoqué un tollé politique. Dans sa première version, le Pentagone avait tout simplement omis d’inclure l’Église mormone (l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours) parmi les dénominations chrétiennes. Face à l’indignation de plusieurs élus influents, comme le sénateur républicain Mike Lee, le ministère a dû corriger le tir en urgence ce lundi. Cet « oubli » a été perçu par certains observateurs comme un signal envoyé aux franges évangéliques radicales, qui considèrent le mormonisme comme une hérésie.
Pour les organisations de défense des libertés civiles, cette réforme viole frontalement le premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la séparation de l’Église et de l’État. Le révérend Paul Raushenbush, président de l’Interfaith Alliance, accuse directement le secrétaire à la Défense d’imposer une « vision religieuse étroite depuis le sommet de la hiérarchie militaire ».
L’agenda idéologique de Pete Hegseth
Au-delà de la gestion des cultes, cette décision met en lumière la personnalité et les ambitions de Pete Hegseth. Le chef du Pentagone, proche des milieux nationalistes chrétiens et auteur de l’ouvrage American Crusade, mène une guerre culturelle ouverte contre ce qu’il qualifie de « wokisme » au sein des forces armées.
Cette volonté de reprise en main idéologique s’est manifestée de manière très concrète sur d’autres dossiers :
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Guerre contre la diversité : Pete Hegseth critique ouvertement les politiques d’inclusion, estimant qu’elles nuisent à l’efficacité opérationnelle des troupes.
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Promotions bloquées : Le ministre a récemment retiré sans justification neuf noms d’une liste de 31 marins pressentis pour devenir amiraux. Parmi les profils recalés figuraient trois femmes et deux hommes noirs.
Pour les spécialistes de la politique américaine, ces décisions simultanées marquent une tentative de retour à un modèle militaire hypermasculin et traditionnel, hérité des années 1950.



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