L’OCDE prévoit une croissance record de 5% pour le Maroc en 2026
Dans son rapport de juin 2026 intitulé « Sous pression », l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) livre un diagnostic contrasté sur l’économie du Maroc. Si le Royaume s’apprête à signer sa meilleure performance macroéconomique depuis plusieurs années avec une croissance attendue à 5% du PIB cette année, cette dynamique de surface cache d’importantes vulnérabilités énergétiques, sociales et institutionnelles.
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Une économie portée par la pluie et les grands chantiers
Après une progression de 4,6% en 2025, le pic de croissance à 5% attendu pour 2026 repose sur deux piliers majeurs :
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Un rebond agricole exceptionnel : Les fortes précipitations de l’hiver ont reconstitué les réserves hydriques, promettant une hausse de 15% de la production agricole.
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L’investissement public : La multiplication des grands chantiers d’infrastructure continue de doper les secteurs de la construction et de la manufacture, soutenant une consommation privée solide.
Cependant, l’OCDE anticipe déjà un ralentissement de cette croissance à 3,9% dès 2027, soulignant le caractère temporaire de ces moteurs.
Le piège de la dépendance énergétique et l’alerte sur les phosphates
Le principal point noir identifié reste la dépendance énergétique du pays, qui importe 90% de ses besoins. En raison du conflit persistant au Moyen-Orient, la hausse des prix mondiaux de l’énergie va faire rebondir l’inflation marocaine à 3,2% en 2026 (contre seulement 0.7% en 2025). Le déficit de la balance courante va lui aussi se creuser pour atteindre 3,1% du PIB.
Si le Maroc, premier producteur mondial de phosphates, profite de la crise géopolitique pour capter une plus grande part de la demande d’engrais, l’OCDE rappelle que cette filière reste vulnérable car elle dépend elle-même de l’importation d’ammoniac et de soufre en provenance… des pays du Golfe.
Marché du travail et corruption : les chantiers urgents
Sur le plan social et structurel, les indicateurs du marché du travail interpellent fortement l’organisation. Si le taux de chômage global stagne autour de 13%, le chômage des jeunes explose à 37,2% et celui des femmes atteint 20,5%. L’OCDE exhorte Rabat à introduire plus de flexibilité contractuelle, à développer la formation en entreprise et à faciliter l’accès aux gardes d’enfants.
Enfin, l’institution salue la trajectoire de consolidation budgétaire menée par le gouvernement et la stabilité du taux directeur de Bank Al-Maghrib (2,25%), mais formule un avertissement sévère concernant la gouvernance : la perception de la corruption, en particulier au sein des marchés publics, demeure trop élevée. Un enjeu critique au moment où l’État injecte des milliards dans les infrastructures nationales.



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