Immigration : L’UE durcit ses règles d’expulsion
Les eurodéputés et les États membres ont conclu un accord historique pour durcir drastiquement la politique migratoire de l’Union européenne. Ce nouveau texte, qui complète le Pacte asile et migration adopté il y a deux ans, permet aux États volontaires de créer des centres de retour en dehors du continent pour y renvoyer les personnes déboutées du droit d’asile. Bien que le compromis doive encore faire l’objet d’un vote final, il marque déjà un tournant politique majeur sous l’impulsion de la droite et de l’extrême droite européennes.
La création inédite de hubs extérieurs
Ces nouvelles « plateformes retour » seront exclusivement réservées aux migrants dont la demande d’asile a fait l’objet d’un rejet définitif. Contrairement au modèle italien testé en Albanie avant l’examen des dossiers, le dispositif européen se déploiera via des accords pays par pays avec des partenaires tiers s’engageant à respecter les droits humains. Si des nations comme le Danemark, l’Autriche ou l’Allemagne planchent déjà sur des destinations potentielles, d’autres capitales, à l’instar de Paris et de Madrid, se montrent sceptiques ou opposées à cette externalisation.
Un arsenal de sanctions pour accélérer les renvois
Pour remédier au faible taux d’exécution des expulsions actuelles, la loi introduit un éventail de mesures contraignantes. Les migrants refusant de quitter le territoire s’exposeront à des saisies de documents d’identité et à une durée de détention prolongée pouvant atteindre 24 mois. De plus, l’interdiction de retour dans l’espace européen sera doublée pour être portée à 10, voire 20 ans en cas de renvoi forcé. Alors que les partisans du texte saluent une reprise de contrôle, la gauche et les ONG dénoncent un recul historique et une violation du droit international.



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