Bac 2026 au Maroc : Le juteux et incontrôlable business des cours particuliers
À l’approche des examens du baccalauréat, plus de 500 000 candidats sont engagés dans une véritable course contre la montre pour réviser leurs cours, ficher leurs programmes et assimiler les formules complexes. Dans ce contexte de haute tension académique, le marché informel des cours particuliers connaît un pic d’effervescence inédit. Autrefois marginales, ces « heures supplémentaires » se sont imposées comme un passage jugé indispensable pour décrocher le diplôme, et surtout obtenir une mention. Une enquête du quotidien Assabah, publiée dans son édition du week-end des 30 et 31 mai 2026, lève le voile sur les dérives et les enjeux financiers de ce secteur en pleine surchauffe.
Une grille tarifaire prohibitive et une forte pression sur les familles
Qu’ils soient issus de l’enseignement public ou privé, de nombreux parents sont aujourd’hui convaincus de la nécessité d’offrir des cours de soutien à leurs enfants, que ce soit à domicile ou en groupe. Cette forte demande alimente un marché parallèle très diversifié, géré par des centres spécialisés ou directement par des enseignants, notamment dans les matières scientifiques (mathématiques) et les langues.
Les tarifs pratiqués varient considérablement selon les formules et l’emplacement géographique :
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Les abonnements en centre : Des abonnements mensuels sont proposés à partir de 200 dirhams par mois au sein de structures dédiées.
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Les cours à la séance : Certaines prestations individuelles ou spécialisées peuvent être facturées jusqu’à 500 dirhams la séance.
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La facture globale dans les grandes villes : Pour un suivi complet à l’approche des épreuves, le coût mensuel par élève oscille entre 3 000 et 6 000 dirhams. À cela s’ajoutent les frais annexes liés à l’achat de manuels spécifiques ou d’abonnements numériques.
Ces montants génèrent une pression financière étouffante sur les ménages, en particulier ceux à revenus modestes qui ne peuvent pas faire face à de telles dépenses. Pour permettre à leurs enfants de maximiser leurs chances de réussite, certaines familles se voient contraintes de contracter des crédits ou de recourir à des sacrifices financiers douloureux.
Illégalité, clandestinité et failles de l’éducation publique
Ce business lucratif, qui bat son plein tout au long de l’année et s’accélère à l’approche des examens, soulève de sérieuses zones d’ombre sur les plans juridique et sécuritaire :
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L’interdiction du cumul d’activités : La législation en vigueur interdit formellement aux enseignants du secteur public d’exercer une autre activité lucrative en parallèle de leurs fonctions officielles. La prolifération de ces cours dispensés en présentiel ou à distance bafoue directement ce cadre réglementaire.
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La dangerosité des locaux de fortune : De nombreux cours se déroulent lors de regroupements clandestins d’élèves dans des appartements non autorisés. Ces espaces de fortune manquent cruellement d’équipements adéquats et, plus grave encore, ne disposent d’aucune assurance pour couvrir les risques d’accidents.
Pour le quotidien Assabah, l’explosion de ce marché de l’ombre met en lumière les limites et l’efficacité des politiques publiques de l’éducation, révélant une dépendance croissante du système éducatif envers un secteur privé informel et inégalitaire.



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