Cannes 2026 : Hajar Graigaa crève l’écran dans “La Más Dulce” de Laïla Marrakchi
Bien que le long-métrage « La Más Dulce » soit rentré bredouille de la Croisette sans remporter de prix officiel, sa présentation lors du 79ème Festival de Cannes a profondément marqué les esprits. Sélectionné dans la catégorie Un Certain Regard, le nouveau film de la réalisatrice Laïla Marrakchi a récolté une pluie de critiques internationales élogieuses, saluant un « drame social d’une dignité bouleversante » qui évite le piège du misérabilisme pour offrir une œuvre lumineuse, politique et résolument féministe. Au cœur de ce succès critique, le public et la presse ont unanimement célébré la performance du tandem d’actrices principales, composé de Nisrin Erradi et de la révélation Hajar Graigaa.
La puissance du silence et de l’incarnation physique
Hajar Graigaa s’impose sur la scène cinématographique marocaine par un équilibre rare : une rigueur technique héritée du théâtre d’élite combinée à une authenticité brute face à l’objectif. L’actrice possède cette faculté unique de magnétiser l’écran sans dépendre des dialogues. Elle l’avait déjà prouvé dans le film Déserts de Faouzi Bensaïdi, où elle incarnait le rôle muet de Selma uniquement par l’intensité de son regard et la gestion de ses silences.
Sa formation à l’Institut supérieur des arts dramatiques et de l’animation culturelle (ISADAC), enrichie par ses années passées sur les planches avec la troupe Aphrodite d’Abdelmajid Hawass, a sculpté sa présence scénique. Dans « La Más Dulce », où elle joue une cueilleuse de fraises courbée dans les serres de Huelva en Espagne, son corps tout entier s’adapte à la pénibilité du personnage. Elle insuffle ainsi une noblesse naturelle et une immense dignité aux femmes marginalisées, privilégiant un jeu épuré, sobre et organique.
Une actrice tout-terrain entre scènes d’auteur et succès populaires
L’une des grandes forces de Hajar Graigaa est sa capacité à briser les barrières de l’industrie culturelle marocaine. Elle navigue avec une immense fluidité entre le cinéma d’auteur ultra-exigeant – à l’instar de ses sélections à Cannes ou à la Quinzaine des cinéastes – et les productions télévisuelles populaires diffusées pendant le mois de Ramadan. Ce traitement équitable de chaque projet lui vaut le respect de ses pairs et l’amour du grand public.
Diplômée depuis 2005, sa trajectoire est jalonnée de nombreuses distinctions théâtrales et cinématographiques :
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Prix de la meilleure actrice pour ses rôles marquants dans Jardin suspendu, Nostalgia et Doumouaa Bil Kohol.
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Le Grand Prix Cheikh Sultan Ben Mohamed El Kassimi pour sa performance dans la pièce de théâtre Takouir.
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Un succès télévisuel marquant en 2020 grâce à son rôle habité dans la série Chahadate Milade.
Considérant le théâtre comme son socle fondamental, Hajar Graigaa refuse de s’éparpiller dans la production afin de préserver sa totale liberté créative. Elle préfère se dévouer pleinement à l’interprétation, convaincue que l’art reste le meilleur vecteur de changement social au Maroc.



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