Hôtellerie au Maroc : L’essor du luxe face à la crise du milieu de gamme
Porté par l’arrivée massive des enseignes internationales et des résultats records dans le très haut de gamme, le secteur hôtelier marocain poursuit sa transformation à l’approche des grands rendez-vous sportifs mondiaux. Cependant, cette dynamique masque une fracture grandissante : pendant que les chaînes de luxe enregistrent une forte croissance, les établissements de milieu et d’entrée de gamme subissent la pression croissante des plateformes de location de courte durée.
L’expansion ciblée des géants mondiaux du luxe
Les grands groupes hôteliers internationaux intensifient leurs investissements dans le Royaume en adaptant leur portefeuille aux spécificités de chaque marché local. Le groupe Radisson, par exemple, s’appuie sur Radisson Collection et Radisson Blu pour le segment haut de gamme, tout en faisant de l’enseigne quatre étoiles Radisson Hotel son principal levier de croissance urbaine. En 2025, les établissements de luxe au Maroc ont vu leur taux d’occupation progresser de sept points et leur revenu par chambre disponible atteindre 131 dollars, renforçant l’attractivité du pays auprès des réseaux mondiaux tels qu’Accor, Hilton, Marriott et Pestana.
La pression de l’informel et les défis de la régulation
À l’opposé de cette réussite dans le très haut de gamme, l’hôtellerie traditionnelle intermédiaire fait face à de lourdes difficultés. L’essor de la location de courte durée, notamment via Airbnb à Marrakech où le taux d’occupation moyen tourne autour de 48 %, contraint les hôteliers classiques à revoir leurs grilles tarifaires. Pour préserver l’écosystème local et encadrer la concurrence, les acteurs du secteur appellent à une application accélérée de la loi 80-14 et des arrêtés fixant les nouveaux standards de classement, avec la perspective de la Coupe du monde 2030 comme accélérateur de réforme.



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