Soumaya Naamane Guessous : Quand la religion nourrit la haine
Dans une tribune percutante publiée ce vendredi 22 mai 2026, la sociologue et chroniqueuse Soumaya Naamane Guessous livre une réflexion profonde sur les fractures religieuses mondiales. Elle y déplore le paradoxe tragique des trois grands monothéismes qui, bien que fondés sur un Dieu unique synonyme de compassion et de paix, continuent d’être instrumentalisés pour propager la haine, diviser les peuples et légitimer le sang versé.
Du sacré dévoyé aux dérives des réseaux sociaux
De l’Inquisition aux croisades historiques jusqu’aux drames contemporains comme la répression des Ouïghours en Chine, les violences intercommunautaires en Inde ou le statut contesté de Jérusalem, l’histoire humaine est marquée par la violence au nom des croyances. La chroniqueuse souligne une désacralisation alarmante de notre époque, illustrée par la multiplication des attaques contre les édifices religieux, qui servaient autrefois de sanctuaires et de refuges inviolables.
Soumaya Naamane Guessous pointe particulièrement du doigt la responsabilité des nouvelles technologies. Si Internet et les smartphones devaient initialement unifier l’humanité, les algorithmes des réseaux sociaux agissent désormais comme des catalyseurs d’intolérance. En enfermant les individus dans des bulles de certitudes et en propageant les discours extrêmes plus rapidement que les messages de sagesse, la technologie transforme la foi en une identité agressive et exclusive.
L’urgence d’une refonte éducative mondiale
Le cœur du problème réside dans la transmission aux jeunes générations. L’auteure critique les systèmes éducatifs et familiaux qui maintiennent des visions excluantes du religieux, basées sur la peur, la méfiance et la supériorité théologique, plutôt que sur l’éthique spirituelle. Elle rappelle pourtant que l’islam reconnaît explicitement les prophètes du judaïsme et du christianisme, à l’image de Moïse ou de Jésus.
Pour inverser cette tendance destructrice, la sociologue appelle à un sursaut international à travers trois leviers majeurs :
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L’école : Enseigner l’histoire et la compréhension des autres religions pour désamorcer la peur de l’inconnu.
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Les médias : Privilégier le dialogue constructif plutôt que d’alimenter les logiques d’affrontement permanent.
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Les instances religieuses : Convoquer un véritable congrès mondial des religions pour porter une campagne internationale axée sur le respect des différences et le vivre-ensemble.



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