Sénégal : Le défi persistant du pain aux céréales locales
La quête de la souveraineté alimentaire au Sénégal se heurte à une réalité économique implacable. Si l’incorporation de céréales locales (mil, maïs, sorgho) dans la fabrication du pain a été testée et techniquement validée, le projet peine à se généraliser. En cause : un manque de rentabilité qui force les boulangers à abandonner ces “pains composés” au profit du blé importé.
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Un paradoxe économique : le local plus cher que l’importé
L’idée de substituer partiellement le blé par des céréales nationales a gagné en importance lors de la crise russo-ukrainienne, qui avait mis en lumière la dépendance du pays aux importations. Cependant, les professionnels du secteur, comme Amadou Lamine Ndiaye du Regroupement des boulangers du Sénégal, pointent du doigt la cherté des céréales locales. Paradoxalement, le mil ou le maïs coûtent plus cher à transformer que le blé, rendant le produit final inabordable pour le consommateur moyen.
L’échec de la commercialisation à grande échelle
Des boulangers comme Oumar Ndiaye témoignent de l’appréciation des populations pour ce type de pain, mais confirment l’impasse financière. Pour couvrir les coûts de production élevés, le prix de vente devrait augmenter, ce que le pouvoir d’achat des clients ne permet pas. Résultat : la filière se concentre à nouveau sur le pain simple 100 % blé, jugé plus accessible.
Vers une culture du blé “Made in Sénégal” ?
Face à cet échec des céréales alternatives, les acteurs de la filière farine plaident désormais pour une nouvelle stratégie : développer une véritable culture du blé au Sénégal. L’objectif serait de produire localement la matière première de base du pain afin de réduire les coûts et de sécuriser l’approvisionnement national sans dépendre des fluctuations du marché mondial.



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