Ouverture du capital des pharmacies : le gouvernement face à la colère des pharmaciens
La tension monte dans le secteur pharmaceutique marocain.
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Trois grandes centrales syndicales, la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, l’Union nationale des pharmaciens du Maroc et le Syndicat national des pharmaciens du Maroc annoncent un accord unanime le 2 mars 2026. Objectif : organiser des grèves nationales successives, de plus en plus longues. Le déclencheur : l’avis consultatif du Conseil de la concurrence recommandant l’ouverture du capital des pharmacies à des investisseurs non-pharmaciens.
Ce que propose le Conseil de la concurrence
Le Conseil de la concurrence, saisi par le ministère de la Santé, publie un avis fin février 2026. Ses recommandations sont claires : ouvrir le capital des officines à des investisseurs extérieurs, libéraliser les horaires de travail, dissocier une partie des revenus du prix du médicament. Pour le Conseil, le modèle actuel souffre de limites structurelles. Les marges baissent. Le système fragilise les pharmacies, surtout en zone rurale.
Le rejet catégorique des pharmaciens
Les syndicats rejettent ces propositions en bloc. Leur mot d’ordre est ferme : la pharmacie n’est pas un commerce ordinaire. Leur argument central : introduire des capitaux extérieurs crée un conflit d’intérêts direct entre logique financière et mission sanitaire. Le médicament ne répond pas aux lois du marché. Le patient est une ligne rouge. Les syndicats dénoncent également une étude qu’ils jugent superficielle : un copier-coller de modèles étrangers, sans tenir compte des spécificités du système de santé marocain.
Un front commun qui s’élargit
Le mouvement dépasse le seul secteur pharmaceutique.
Le 3 mars 2026, le Syndicat national des médecins libéraux et la Fédération nationale des syndicats des chirurgiens-dentistes rejoignent le front commun. Pour ces professions, l’enjeu est identique : protéger l’indépendance de la décision thérapeutique face aux logiques financières. Porter atteinte à un maillon, c’est fragiliser toute la chaîne de soins.
Le gouvernement entre deux feux
La tutelle tente d’apaiser les tensions. Le ministère de la Santé rappelle que l’avis du Conseil de la concurrence reste consultatif. Aucune décision définitive n’est encore prise. Mais les syndicats ne décolèrent pas. Ils ont adressé une lettre au Chef du gouvernement Aziz Akhannouch le 23 février. Ils menacent d’actions inédites si leurs revendications restent sans réponse. Le débat touche au coeur du système de santé marocain. Avec les législatives en septembre 2026, le gouvernement marche sur des oeufs. La date de la première grève nationale reste à fixer. Elle pourrait tomber à tout moment.



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