Hiver 2025-2026 : le Maroc sous les pluies record
Le Maroc sort d’un hiver exceptionnel
Selon le bilan publié par la Direction générale de la météorologie (DGM), le cumul pluviométrique moyen national a atteint 136 mm entre décembre 2025 et février 2026. Soit près du double de la normale saisonnière estimée à 71 mm. Ce chiffre place l’hiver 2025-2026 au troisième rang des hivers les plus arrosés depuis 1981, derrière 2010 (200 mm) et 1996 (178 mm).
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Des records battus dans plusieurs villes
La fréquence des pluies est tout aussi remarquable que les volumes. En moyenne, 36 jours pluvieux ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire, contre 17 lors d’un hiver normal. Plusieurs stations météorologiques battent leurs records historiques. Ifrane enregistre 49 jours de pluie, un record absolu depuis 1963. Kénitra atteint 43 jours, Casablanca 38 jours et Khouribga 37 jours. Tanger se distingue particulièrement. La ville du Détroit cumule 1 296 mm de pluies sur la saison, soit bien au-delà de son ancien record de 889 mm établi en 1996. D’autres villes comme Nouasser (448 mm) et Sidi Slimane (435 mm) affichent également des niveaux historiques.
La neige aussi bat des records
L’hiver 2025-2026 se distingue aussi par l’enneigement exceptionnel des reliefs. La surface enneigée atteint 55 495 km² le 18 décembre 2025, le niveau le plus élevé observé depuis 2019. Une couverture supérieure à 20 000 km² se maintient pendant une grande partie de l’hiver. Un second pic de 50 127 km² intervient le 25 janvier. Cet enneigement constitue un réservoir stratégique pour le pays. La fonte progressive des neiges alimentera les cours d’eau et les nappes phréatiques tout au long du printemps.
Pourquoi un tel hiver après sept ans de sécheresse ?
La DGM explique ce basculement climatique par une combinaison de facteurs atmosphériques. L’affaiblissement du vortex polaire favorise la descente d’air froid vers les latitudes marocaines. Le courant-jet se positionne au-dessus du Maroc. L’anticyclone des Açores recule vers le sud. Ces conditions permettent l’arrivée de masses d’air très humides depuis l’Atlantique, parfois sous forme de rivières atmosphériques. Ces flux chargés d’humidité déclenchent des épisodes pluvieux intenses et répétés.
Des barrages remplis, des sols sous pression
Le bilan hydrologique est positif. Plusieurs barrages stratégiques enregistrent des apports significatifs. Les réserves nationales remontent après des années de déficit. Mais l’abondance crée aussi ses propres défis. Les sols asséchés par sept années de sécheresse peinent à absorber les pluies successives. Le ruissellement rapide provoque des inondations locales dans plusieurs régions. La DGM conclut sans détour : cet hiver exceptionnel illustre la nature volatile du climat marocain et sa sensibilité aux changements atmosphériques globaux. La prochaine sécheresse n’est peut-être pas loin.



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