Inondations au Maroc : le Royaume face à ses fragilités climatiques
Le Maroc vient de traverser sa pire crise hydrologique depuis des décennies. Entre janvier et février 2026, neuf tempêtes successives ont frappé le nord du pays. Les provinces de Larache, Kénitra, Sidi Kacem et Sidi Slimane ont subi les dégâts les plus importants.
Table Of Content
Un bilan humain et agricole dramatique
188 000 personnes ont été évacuées ou déplacées.
4 morts sont à déplorer, dont trois enfants emportés par une crue soudaine à Tétouan.
110 000 hectares de terres agricoles ont été submergés. Les éleveurs de la région perdent leur cheptel à quelques mois de l’Aïd Al-Adha.
À Ksar El Kébir, 85 % de la population a quitté son domicile. Le fleuve Loukkos a envahi la ville entière.
Des barrages pleins mais une gestion sous pression
Paradoxalement, les barrages affichent des niveaux record. Les réserves nationales dépassent 10 milliards de m³ au 2 février 2026, un niveau jamais atteint depuis 2018. Mais l’abondance devient un problème. Les barrages d’Oued Al-Makhazine et Al-Wahda atteignent leur capacité maximale. Des lâchers contrôlés aggravent les inondations en aval. Les experts pointent une réalité structurelle : les infrastructures hydrauliques marocaines ne servent pas à prévenir les crues. Elles protègent contre la sécheresse.
Le dérèglement climatique en cause
À Tanger, les pluies entre septembre 2025 et février 2026 atteignent 1 500 mm. C’est trois à quatre fois la moyenne annuelle. Le World Weather Attribution publie le 26 février une étude claire. Elle établit un lien direct entre ces neuf tempêtes et le changement climatique. Le message des experts est sans équivoque : le Maroc doit apprendre à gérer alternativement la sécheresse sévère et l’abondance brutale. La prochaine catastrophe n’est qu’une question de temps.



Pas de commentaire ! Soyez le premier.