Birmanie : la démocratie sous masque militaire
Min Aung Hlaing truque les urnes pour rester au pouvoir
Cinq ans après le coup d’État de février 2021, la junte birmane persiste dans sa stratégie de confiscation du pouvoir. Min Aung Hlaing orchestre entre décembre 2025 et janvier 2026 trois phases d’élections législatives destinées à asseoir sa légitimité sur la scène internationale, notamment auprès de la Chine. Le parti pro-militaire USDP remporte une victoire écrasante dans un scrutin que le rapporteur spécial de l’ONU qualifie ouvertement de « mascarade ».
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La manœuvre s’avère pourtant grossière. La junte interdit tous les partis ayant remporté plus de 90 % des sièges en 2020, emprisonne les voix dissidentes et annule le vote dans une circonscription sur cinq faute de contrôle territorial. Le scrutin n’a lieu que dans 265 des 330 districts administratifs du pays, tandis que des frappes aériennes tuent 170 civils en pleine période électorale.
Un peuple à genoux, un régime debout
Derrière la mise en scène électorale, la réalité birmane crie famine. En 2026, plus de 16 millions de Birmans ont besoin d’aide humanitaire. Parmi eux, 12,4 millions souffrent d’insécurité alimentaire grave et 400 000 enfants subissent une malnutrition aiguë. La pauvreté frappe près de la moitié de la population, en aggravation rapide depuis 2021.
Min Aung Hlaing vise désormais la présidence civile. Avec lui au pouvoir jusqu’en 2031 au moins, ses généraux de confiance occupent toutes les institutions. La Birmanie entre dans une nouvelle ère de dictature militaire officialisée, pendant que l’opposition en exil, le gouvernement NUG, peine à maintenir l’unité de la résistance sur le terrain.
L’Occident condamne, mais n’agit pas
Face à cette tragédie, les démocraties occidentales multiplient les déclarations sans passer aux actes. Le Parlement européen et des membres de l’APHR appellent à refuser toute reconnaissance des résultats, à renforcer les sanctions et à intensifier l’aide humanitaire. Mais la communauté internationale, absorbée par d’autres crises, tourne le regard. Le peuple birman, lui, continue de résister — avec courage, sans soutien suffisant.



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